Projet préféré :
Le coin surélevé sur le mur de pierre ; il y fait agréablement chaud, on peut observer plein de choses dans le jardin et la vue sur les montagnes et le lac est tout simplement fantastique à chaque fois.
Marlise Ritz : J'avais déjà entretenu notre ancien jardin de cette manière avant de le réaménager ; je voulais bien sûr conserver cette approche, c'est pourquoi le nouveau jardin a été conçu ainsi. Ça a été une agréable surprise de pouvoir à nouveau aménager un jardin entier, et j’ai vraiment pris plaisir à concrétiser mes idées comme ça. Mon intérêt pour la nature remonte à mon enfance. Souvent, ce genre de chose commence doucement : il y a une prairie fleurie qu’on commence à tondre petit à petit, et sinon, on laisse simplement les choses telles quelles, en n’arrachant que ce qui prend le dessus.
Au début, il n’y avait ici que des ronces sauvages qu’il fallait débroussailler pour faire de la place à de nouvelles plantes. Comme on a dû abattre de vieux arbres laissés à l’abandon, on a dû respecter des règles strictes. J’ai aménagé le jardin avec un jardinier bio et j’ai défini la répartition en différentes zones : un petit bosquet, un jardin-prairie, des zones surélevées et plus basses, les potagers près des terrasses, ainsi que l’aménagement et la végétalisation du toit du garage. Pour moi, c’était important de penser à l’arrosage dès le départ. Les pots sont alimentés par un système d’arrosage simple, et la plupart des plantes n’ont même pas besoin d’arrosage supplémentaire. En plus, on a fait installer un grand réservoir d’eau de pluie.
Malheureusement, beaucoup de nos voisins jardinent encore de manière conventionnelle, c’est vraiment dommage. Peut-être qu’ils finiront par se laisser convaincre, ou qu’une nouvelle génération, plus consciente, prendra le relais, ce serait bien. J’ai l’impression que les jeunes jardiniers sont parfois plus sensibilisés à l’importance du jardinage bio et de la biodiversité. Certaines choses sont certes difficiles à voir, mais presque impossibles à changer, comme ces pies qui pillent les petits nids de merles dans les arbres fruitiers de la prairie voisine. Par contre, il y a un problème contre lequel on peut agir, et je dois d’ailleurs le faire : les limaces.
De manière générale, au-delà de mon jardin, j’ai malheureusement constaté au fil de ma vie que les hirondelles – ainsi que toutes les espèces d’oiseaux, en fait – se font de plus en plus rares. Avant, j’en voyais encore beaucoup sur mon long trajet pour aller à l’école, aujourd’hui il n’y en a plus que quelques-unes (heureusement, l’une d’entre elles est chez nous ; la première année, une hirondelle a fait son nid dans notre garage ouvert). Ici, dans le nouveau jardin, j’ai intégré de nombreux éléments de l’ancien, ça s’est très bien fondu dans le décor. La réutilisation marche bien en général, chez nous par exemple aussi avec le bois mort de bouleau.
C’est vraiment étonnant de voir à quelle vitesse tout a poussé et quelle valeur ajoutée ça a déjà apportée au monde des insectes : on doit régulièrement agrandir les nichoirs à abeilles sauvages, les places sont très prisées. C’est pratique : la prairie fleurie pousse plutôt bien sur les moraines caillouteuses, les conditions semblent bien convenir.
On prévoit justement de construire un sandarium pour les abeilles sauvages. Après ça, j’aimerais laisser la nature suivre son cours et en profiter ; on va bientôt partir un peu, mais je suis rassurée de savoir que ça se passe bien à la maison même sans arrosage. Après ça, j’ai hâte de retrouver mon petit paradis.
Un mur ne doit pas forcément faire le tour ou délimiter un espace, ni être continu. Il est tout aussi efficace quand il sépare deux zones, crée des espaces dans le jardin et permet d'avoir des différences de hauteur. L'important, c'est surtout de laisser assez d'espaces entre les pierres pour qu'il fasse une bonne cachette.
En haut : Il faut savoir exploiter intelligemment les coins : derrière le jardin gourmand, où on a de toute façon du mal à aller, le tas de pierres trouve sa place. Ce petit coin tranquille est parfait pour ça, tout comme l'ajout de bois mort.
En bas : Pas besoin d'une pelouse pour jouer à tout prix ; les sentiers sont bien plus passionnants à découvrir, même pour les enfants.
Même le toit d'un garage offre du potentiel ; ici, une couche de matière organique a été déposée à différentes hauteurs, créant ainsi un paysage vallonné super sympa. Ça profite non seulement aux pollinisateurs, mais aussi aux coléoptères.
Alors, vous avez envie de proposer votre propre dossier sur votre joli jardin ?
Toutes les infos, y compris le lien pour s'inscrire, se trouvent dans l'appel à candidatures pour le jardin de la biodiversité. On a hâte de vous lire !